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COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIRES

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.

Paris. liViPRiMKniE gauthier-villars kt €'*■, quai des grands-augustins, 55.

COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIRES

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES,

PUBLIÉS,

CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE

EN DATE DU 13 JUILLET 1835,

PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS.

TOME CE]\T-SOIXA]\TIE3IE

JANVIER JUIN 1915.

PARIS,

GAUTHIER-VILLARS et Cr, IMPRIMEURS-LIBRAIRES

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

Quai des Grands-Augustins, 55.

1913

ÉTAT DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

Ali l" JANVIER 1915.

SCIEIXCES MATHEMATIQUES. Section' V'^. Géomclne.

Messieurs:

Jordan (Marie-Ennemond-Camille) (o. *).

Picard (Charles-Emile) (o. *).

Appell (Paul-Emile) (c. ^).

Painlevé (E^aiil) *.

HuMBERT (Marie-Georges) (o. *).

Hadamard (Jacqiies-Salomon) *.

Sectiox II. Mécanique.

BoussiNESQ ( Joseph- Yalen lin) (o. ^•).

Deprez (Marcel) (o. *).

LéAUTÉ (Henry-Charles-Victor-Jacob) (o. *).

Sebert (Hippolyte) (c. *).

Vieille (Paul-Marie-Eugène) (o. *).

Lecornu (Léon-François- Alfred) (o. *).

Sectiox III. Astronomie.

WoLF (Charles-Joseph-Étienne) (O. *). Deslandres (Henri-Alexandre) ^. BiGOURDAN (Guillaume) *. Baillaud (Edouard-Benjamin) (c. *). Hamy (Maurice-Théodore-Adolphe) *. PuiSEUX (Pierre-Henri) *.

Section IV. Géographie et Navigation,

Ghandidieii (Alfred) (o. *).

BassoT (.I(^an-Anloinc-Léon ) (C. '^').

GllYOU (]^]mile) (c. ^;).

Hatt (Philippe-Eugène) (o. *).

Bl;ktin (Louis-Emile) (c. *).

Lallemand (Jean-Pierre, dit Charles) (o. ■^).

ACADEMIE DES SCIENCES, Sectiox V. Physique générale.

Messieurs :

LiPPMANN (Jonas-Ferdinand-Gabriel) (c. *).

ViOLLE (Louis-Jules-Gabriel) (o. *).

Amagaï (Hilaire-Émile) (o. *).

BOUTY (Edmond-Marie-Léopold) (o. *).

ViLLARD (Paul-Alfred) *.

Branly (Désiré-Euj^ènc-Edouard) îfe.

SCIENCES PHYSIQUES.

Section YI. Chimie,

Gautier (Émile-Justin- Armand) (c. »). Lemoine (Clément-Georges) (o. ^). Haller (Albin) (c. *). Le Chatelier (Henry-Louis) (o. *). JuNGFLEisCH (Émile-Clément) (o. *). MouREU (François-Charles-Léon) *.

Section VII. Minéralogie.

Barrois (Charles-Eugène) (o. *). DouviLLÉ (Joseph-Henri-Ferdinand) (o. *). Wallerant (Frédéric-Félix-Auguste) *. Termiek (Pierre-Marie') (o. *). Launay (Louis- Auguste-Alphonse de) *. N .

Section YIII. liotanique.

GuiGNARD (Jeaii-Loiiis-Léon) (o. -ô;). Bonnier (Gaston-lùig(Mie-Marie) (o. *). Pkillieux Ovlouard-I^rnest) (o. ■^). Zeiller (Charles-llené) (c. *). Mangin (Louis-Alexandre) (c. *), COSTANTIN (Julien-Noel) *'.

ÉTAT DE L*ACADÉMIE AU 1 *'" JANVIER igiS,

Section IX. Economie rurale.

Messieurs :

ScHLŒSiNG (Jean-Jacques-Théophile) (c. ^). Chauveau (Jean-Baptiste- Auguste) (g. o. ^). MÙNTZ (Charles-Achille) (o. *). Roux (Pierre-Paul-Émile) (g. o. ^). ScHLŒSiNG (Alphonse-Théophile) (O. *). Maquenne (Léon-Gervais-Marie) '^.

Section X. Anatomie et Zoologie.

Ranvier (Louis-Antoine) (o. :^). 1*ERR1ER (Jean-Octave-Edmond) (c. *). Delage (Marie- Yves) i^o. *). Bouvier (Louis-Eugène) (o. *). Henneguy (Louis-Félix) (o. *). Marchal (Paul-Alfred) *.

Section XI. Médecine et Chirurgie.

Bouchard (Charles-Jacques) (g. c. *). GuYON (Casiniir-Jean-Félix) (c. *). Arsonval (Jacques-Arsène d') (c. *). Laveran (Charles-Louis-Alphonse) (c. *). Dastre (Albert-Jules-Frank) (o. *). RiCHET (Robert-Charles) (c. *).

SECRETAIRES PERPETUELS.

Darboux (Jean-Gaston) (g. o. *), pour les Sciences mathéma- tiques. Lacroix (François- Antoine-Alfred) ^, pour les Sciences physiques.

ACADEMIE DES SCIENCES.

ACADÉMICIENS LIBRES.

Messieurs :

Freycinet (Charles-Louis DE Saulses de) (o. *).

Hatonde la Goupillière (Julien-Napoléon) (g. o. *).

(]arnot (Marie-Adolphe) (c. *).

LabbÉ (Léon) (c. *).

Bonaparte (Le prince Roland).

Carpentier (Jules-Adrien-Maric-Léon) (c *).

Tisserand (Louis-Eugène) (g. o. *').

Landouzy (Louis-Théophile- Joseph) (c. *).

Blondel (André-Eugène) *.

Gramont (Le comte Antoine-Alfred-Arnaud-Xavier-Louis de) ^

MEMBRES NON RÉSIDENTS.

Sabatier (Paul) (o. *), à Toulouse.

GouY (Louis-Georges) *, à Lyon.

Bazin (Henry-Émile) (o. *), à Chenôve (Côte-d'Or).

DepÉRET (Charles-Jean-Julien) ^, à Lyon.

Gosselet (Jules-Auguste-Alexandre) (o. *), à Lille.

DuHEM (Pierre-Maurice-Marie), à Bordeaux.

ASSOCIÉS ÉTRANGERS.

Monaco (S. A. S. Alhert r% Prince souverain de ) (g. c. *).

Rayleigh (Lord), à Withani (Angleterre) (o. '^).

Baeyer (AdolfvoN), à Munich.

Van der Waals (Joannes-Diderik), à Amsterdam.

Dedekind (Julius-Wilhehn-Richard), à Brunswick.

HiTTORF (Wilhelm ), à Munster.

Ramsay ( Sir William ) ( o. * ), à Londres.

Lankester (Edwin-]»ay), à Londres.

LoRENTZ (Hendrik-Antoon ), à Leyde.

Metchnikoff (Élie) (c. *), de Kharkoir(Russie), en résidence à Paris.

Schwendener (Simon), à Berlin.

N.

ÉTAT DE l'académie AU I^*" JANVIER IQID.

. CORRESPOIVDANTS.

SCIENCES MATHÉMATIQUES. Sectiox I''*. Géométrie (lo).

Messieurs :

ScHWARZ (Hermann-Amandus), à Griinewalcl, près Berlin

Klein (Félix), à Gœttingue.

Zeuthen (Hieronymus-Georg-), à Copenhague.

Mittag-Leffler (Magnus-Gustaf) (c. ^), à Stockholm.

Nœther (Max), à Erlangen.

Volterra (Vito), à Rome.

GuiGHARD (Claude), à Paris.

HiLBERT (David), à Gœttingue.

COSSERAT (Eugène-Maurice-Pierro), à Toulouse.

N

Sectiox II. Mécanique (^lo^.

Vallier (Frédéric-Marie-Enj manuel) (o. *), à Versailles.

WiTZ (Marie-Joseph-Aimé), à Lille.

Zaboudski (Nicolas), à Saint-Pétersbourg.

Levi-Civita (TuUia), à Padoue.

VoiGT (Woldemar), à Gœtlingue.

Boulvin (Jules), à Gand.

Sghwoerer, à Colmar.

Sparre (Le comte Magnus-Louis-Marie de), à J^yon.

Parenty (Henry-Louis-Joseph) (o. ^), à Lille.

N

Section III. Astronomie (lO).

Lockyer (Sir Joseph-Norman), à Londres. Stephan (Jean-Marie-Édouard) (o. *), à Marseille. Auwers (Arthur), à Berlin. Backlund (Oskar) (g. o. *), à Poulkova. Bakhuyzen (Van de Sande) (c. *), à Leyde.

c. R., 1913, j" Semestre. (T. 160, N' 1.) - :

lO ACADÉMIE DES SCIENCES.

Messieurs :

Christie (William-Henry), à Greenwich (Ang-leterre). HiLL (George-William), à West-Nyack (Elats-Unis). Weiss (Edmiind) (o. *), à l'Observatoire de Vienne. PiCKERiNG (Edward-Charles), à Cambridge (Massachusetts). Caillot (J.-B. -Aimable) (o. ^), à La Varenne-Saint-Hilaire

(Seine). TuRNER (Herbert-Hall), à Oxford. Hale (George-EUery), à Mount Wilson (Californie). Kapteyn (Jacobus-Cornelius) *, à Groningue. Verschaffel (Aloys), à Abbadia (Basses-Pyrénées). Lebeuf (Auguste-Victor) ^, à l'Observatoire de Besançon. Dyson (F.-W.), à Greenwich.

Section IV. Géographie et Navigation (lo).

Teffé (le baron de), à Rio-de- Janeiro. Nansen (Fridtjof) (c. *), à Bergen (Norvège). Helmert (Frédéric-Robert), à Potsdam. Colin (le R. P. Edouard -Elie), à Tananarive. Gallieni (Joseph-Simon) (g. g. *), à Paris. Brassey (Thomas, Lord) (c. *), à Londres. Albrecht (Carl-Theodor), à Potsdam. Hedin (Sven-Anders) (c. *), à Stockholm. HiLDEBRANDSSON(Hugo-Hildebrand) (o. *), à Upsal. Davis (William-Morris) ^, à Cambridge (Massachusetts).

Section V. Physique générale (lo).

Blondlot (Prosper-René) (o. *), à Nancy. Michelson (Albert-A.), à Chicago. BenoIt (Justin-Miranda-René) (o. i^), à Sèvres. Crookes (Sir WiUiam), àLondres. Blaserna (Pietro) (c. *), à Rome. Guillaume (Charles-Edouard) (o. ^■), à Sèvres. Arrhenius (Svante-Aiigust), à Stockholm. Thomson (Joseph-John), à Cambridge. RiGHi (Auguste), à Bologne. N . .

ÉTAT DE l'académie AU l*'' JANVIER I9l5. Il

SCIENCES PHYSIQUES.

Section YI. Chimie (lo).

Messieurs :

ROSGOË (Sir Henry-Enfield) (o. *), à Londres. Fischer (Emil), à Berlin.

FoRCRAND DE CoiSELET (Hippolyte-Robert de) (o. ^), à Mont- pellier. GUYE (Philippe-Auguste) -ft, à Genève. GuNTZ (Nicolas-Antoine) *, à Nancy. Graebe (Cari), à Francfort-sur-le-Mein. Barbier (François-Antoine-Philippe) (o. ^), à Lyon. ClAMiciAN (Giacomo) $*, à Bologne. Charpy (Augustin-Georges-Albert) *, à Montluçon. Grignard (François-Auguste-Victor) *, à Nancy.

Section YII. Minéralo f^ie (lo).

Geikie (Sir Archibald) (o. *), à Londres.

Tschermak (Gustav), à Vienne.

OEhlert (Daniel) (o. *), à Laval.

Brôgger (Waldemar-Christofer j (c. ^), à Christiania.

Heim (Albert), à Zurich.

KiLlAN (Charles-Constant-Wilfrid) *, à Grenoble.

Lehmann (Otto), à Carlsruhe.

Grossouvre (Félix-Albert Durand de)(o. ^), à Bourges.

Vasseur (Casimir-Gaston), à Marseille.

Becke (Friedrich-Johann-Karl), à Vienne.

Section YIII. Botanique (lo).

Grand'Eury (François-Cyrille) *, à Saint-Étienne.

Pfeffer (Wilhelm-Friedrich-Philipp), à Leipzig.

Warming ( Johannes-Eugenius-Beilow), à Copenhague.

Flahault (Charles-Henri-Marie) (o. «), à Montpellier.

Bertrand (Charles-Eugène) ^, à Lille.

Boudier (Jean-Louis-Eniile) «;, à Montmorency.

Wiesner (Julius), à Vienne.

Engler (Heinrich-Gustav-Adolf), à Dahlem, près Berlin.

Vries (Hugo de), à Amsterdam.

Vuillemin (Jean-Paul), à Mazéville, près Nancy.

t

12 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Section IX. Économie rurale (lo).

Messieurs :

Gayon (Léonard-Ulysse) (o. ^), à Bordeaux.

WiNOGRADSKi (Serp^e), à Saint-Pétersbourg-.

Yermoloff (Alexis) (c. *), à Saint-Pétersbourg.

Heckel (Edouard-Marie) (c *), à Marseille.

GoDLEWSKi (Emil), à Cracovie.

Perroncito (Edouardo) (o. *), à Turin.

Wagner (Paul), à Darmstadt.

Leclainche (Auguste-Louis-Emmanuel) (o. *), à Toulouse.

Imbeaux (Charles-Édouard-Augustin) *, à Nancy.

Balland (Joseph-Antoine-Félix) (o. ^), à Saint-Julien (Ain).

Section X. Anatomie et Zoologie (lo).

Fabre (Jean-Henri) (o. *), à Sérignan (Vaucluse). Retzius (Gustave) (c. ^), à Stockholm. Maupas (François- Emile) *, à Alger. Waldeyer (Henri-Guillaume-Godefroi), à Berlin. Simon (Eugène-Louis) *, à Lyons-la-Forêt (Eure). Francotte (Charles-Joseph-Polydore), à Bruxelles. Renaut (Joseph-Louis) *, à Lyon. Yung (Émile-Jean-Jacqnes), à Genève. Lœb (Jacques), à New-York. N

Section XI. Médecine el Chirurgie (lo).

LÉPINE (Jacques-Raphaël) (o. *), à Lyon. CzERNY (Vincent-Joseph), à Heidelberg. Baccelli (Guido) (g. o. p ), à Rome. Ca-LMETTE (Léon-Charles-Albert) (c. *), à Lille. Manson (Sir Patrick), à Londres. Pavlov (Jean-Petrovitz), à Saint-Pétersbourg. Bernstein (Julien), à Halle-sur-Saale.

N

N

N

iMsKiHiH

COMPTES RENDUS

DES SÉANCES

DE TACADÉMIE DES SCIENCES.

SÉANCE DU LUNDI 4 J AN VIER- 191i1.

PIŒSIDRNCK DE M. Ed. l'EllRIEU.

M. P. Appei.l, Président sortant, fait connaître à rAcadémie l'état se trouve l'impression des Recueils qu'elle publie et les changements sur- venus parmi les Membres et les Correspondants pendant le cours de Tannée 1914- >

État de V impression des Recueils de V Académie au \^^ janvier 191 5.

Volumes publiés.

Comptes rendus des séances de l' Académie. Les Tomes 155 (2^ semestre de l'année 1912) et 156 (i*^'' semestre de Tannée iQiS) sont parus avec leurs Tables.

Les numéros du 1^ semestre de Tannée 1913, et des i^'' et 2^ semestres de Tannée 1914 ont été mis en distribution, chaque semaine, avec la régularité habituelle.

Mémoires de V Académie . Le Tome LII, série, a été mis en distribu- tion.

l4 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Procès -Verbaux des séances de V Académie des Sciences, tenues depuis la fondation de l'Institut jusqu'au mois d'août i835. Le Tome V est paru et sera prochainement distribué.

Volumes en cours de publication.

Mémoires des Savants étrangers. Le Tome XXXV, composé d'un Mémoire de M. Gabriel Kœnigs, intitulé : Mémoire sur les courbes conju- guées dans le mouvement relatif le plus général de deux corps solides, et d'un Mémoire de M. Louis Hoy, intitulé : Sur le mouvement des milieux visqueux et les quasi-ondes, est sous presse et paraîtra incessamment.

Procès-Verbaux des séances de V Académie des Sciences, tenues depuis la fondation de l'Institut jusqu'au mois d'août i835. Les 25 premières feuilles du Tome VI sont composées.

Changements survenus parmi les Membres depuis le i"" janvier 1914.-

Membres ce s.

Secrétaire perpétuel. M. Ph. van Tieghem, Secrétaire perpétuel pour les Sciences physiques, le 28 avril.

Associé étranger. M. Edouard Suess, le 2G avril.

Membres élus.

Académicien titulaire. M. Cii. Richet, le 19 janvier, en remplacement de M. Lucas-Championnière, décédé.

Secrétaire perpétuel. M. A. Lacroix, le 8 juin, en remplacement de M. Ph. van Tieghem, décédé.

Membres à remplacer. .

Section de Minéralogie. M. A. Lacroix, élu Secrétaire perpétuel pour les Sciences physiques, le <S juin 1914-

Associé étranger. M. Edouard Suess, décédé le 26 avril 191/1.

SÉANCE DU 4 JANVIER igiS. l5

Changements survenus parmi les Correspondants depuis le i*^' janvier 1914.

Correspondants décédés.

Section de Mécanique. M. CoxXSidèke, à Paris, le 3 août.

Section d'Astronomie Sir David Gill, à Londres, le il\ janvier.

Section de Minéralogie. M. Harry Roseivbusch, à Heidelberg, le 20 jan- vier.

Section d' Anatomie et Zoologie. M. Jeax Pérez, à Bordeaux, en sep- tembre.

Correspondants élus.

Section de Mécanique. M. Parentv, à Lille, le 2 février, en rempla- cement de M. Duhem, élu Membre non résident.

Section d Astronomie. M. Dvsox, à Greenwich, le 29 juin, en rempla- cement de Sir David Gill, décédé.

Section de Minéralogie. M. Vasseur, à Marseille, le 12 janvier, en remplacement de M. Gosselet, élu Membre non résident; M. Becke, à Vienne, le 27 avril, en remplacement de M. Rosenbuscli, décédé.

Section d' Anatomie et Zoologie. M. Yuxg, à Genève, le 3o mars, en remplacement de M. Metchnikoiï, élu Associé étranger; M. Loeb, à New- York, le 13 mai, en remplacement de Lord Avebury, décédé.

Correspondants à remplacer.

Section de Géométrie. M. Paul Gordax, à Erlangen, décédé le 21 dé- cembre 191 2.

Section de Mécanique. M. Considère, à Paris, décédé le 3 août 1914-

Section de Physique générale. M. Gouv, à Lyon, élu Membre non résident, le 28 avril 1913.

l6 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Section d' Anatomie et Zoologie. M. Jean Pérez, à Bordeaux, décédé en septembre 1914.

Section de Médecine et Chirurgie. M. Ernst vox Leydex, à Berlin, décédé le 5 octobre 1910; M. Mosso, à Turin, décédé le 24 octobre 1910; M. Zambaco, à Constantinople, décédé en décembre 191 3.

MEMOIRES ET COMMUNICATIOIVS

DES MEMBRES ET DES GORRESPO.XDANTS DE L'ACADÉMIE.

M. E. Peijrieiî, en prenant possession du fauteuil de la Présidence, s'exprime en ces termes :

Mes chers Confrères,

L'honneur qui échoit à un Président de l'Académie des Sciences est de ceux auxquels on n'arrive qu'avec le temps; il évoque plus de souvenirs qu'il n'éveille d'espoirs, et il n'est pas, en conséquence, sans apporter avec lui quelque mélancolie. Heureusement, la moisson de souvenirs agréables que j'ai pu amasser durant les 22 années que j'ai passées parmi d'illustres savants est trop riche pour laisser place dans mon esprit à autre chose qu'à la reconnaissance. Je compte, pour l'accomplissement de la tâche que vous m'avez confiée pour un an, sur la bienveillance que vous m'avez toujours témoignée, et qui m'est aujourd'hui plus nécessaire que jamais.

Aussi bien cette tâche sera-t-elle moins lourde que celle de mon prédé- cesseur, mon ancien élève à l'Ecole Normale supérieure, Paul Appell. A la présidence de l'Académie des Sciences, il joignait celle do finstilul tout entier, et il a eu, comme tel, à organiser la grande œuvre du Secours national, confiée par une haute inspiration au corps le plus inqiarlial et le plus libre de notre pays. Par une heureuse coïncidence, elle se trouvait ainsi entre les mains d'un Français de l'Alsace.

Il m'appartient, et c'est pour moi une grande joie, de remercier, au nom

SÉANCE DU 4 JANVIER IQlS. 17

de l'Académie, notre président sortant du dévouement avec lequel il s'est acquitté de l'œuvre de délicate charité dont il avait la charge et du service considérable qu'il aura ainsi rendu au pays.

J'aurai à le faire plus solennellement à la fin de cette année, et ici s'ouvrent pour moi, de par les circonstances exceptionnelles nous vivons, des espé- rances dont l'ampleur dépasse l'étendue des souvenirs. J'ose espérer que j'aurai à célébrer, à ce moment, la glorieuse victoire de nos admirables et héroïques armées, et l'établissement d'une paix définitive, au sein de laquelle une science généreuse et humaine pourra s'épanouir, apportant à tous, avec plus de bien-être matériel, une telle conscience de la valeur de la vie, que la seule idée d'une guerre tant de jeunes intelligences, dans lesquelles germait peut-être le génie bienfaisant d'un Pasteur, sont victimes des engins créés par une science de mort apparaîtra comme une infernale monstruosité.

L'âge moyen des Académiciens ne leur permet pas, en général, de prendre part directement à la lutte épique qui prépare cet avenir de fra- ternité; mais leurs fils sont sous les drapeaux; plusieurs ont déjà payé de leur vie leur courageux dévouement aux causes que défendent notre patrie et ses valeureux alliés. Il me sera permis d'exprimer noire sympathie à ceux de nos confrères qui ont été frappés et de former des vœux pour l'heureux retour des soldats qui nous sont chers et qui ont été jusqu'ici épargnés.

Peut-être pourrons-nous nous consoler nous-mêmes d'avoir été retenus par la date de notre naissance loin des champs de bataille, en songeant que les sciences que nous avons cultivées auront préparé, p'ar les progrès qu'elles ont fait accomplir à la pensée française, non seulement le succès de nos armes, mais aussi cette vaillance morale, faite de loyauté, de probité, de haute générosité dont le monde sait gré à notre pays d'avoir donné l'exemple .

MM. les 3I11VISTRES DE LA Guerre ET DE l Instruction publique font savoir qu'ils ont reçu, chacun en ce qui le concerne, les vœux émis par l'Académie dans sa séance du 3o novembre 1914 et que ces vœux ont été, de la part du Gouvernement, l'objet de la considération la plus sérieuse.

C. R., 191.3, I" Semestre. (T. 160, 1.) 3

ACADEMIE DES bClENCES.

PHYSIQUE. Sur répreuve rapide ries lunettes rP approche, et paiiiculiére- ment de celles de petites dimensions. Description d^uiie mire universelle pour cette épreuve. Noie (') de M. G. Bigourda.x.

Pour l'examen des miroirs et des objectifs on dispose de méthodes variées (-), permettant de déterminer leurs divers défauts : aberrations, astigmatisme, etc. Mais ces méthodes sont compliquées, longues et, en outre, exii^ent souvent un matériel spécial ; aussi leur usage est presque toujours limité aux instruments de grande ou de moyenne puissance, aux instruments d'Observatoire. Pour les petits, tels que jumelles, lunettes de sextant, de théodolite, etc., on les éprouve d'ordinaire sur des mires terrestres présentant de fins détails. Ces mires, placées plus ou moins loin, sont ordinairement formées de caractères d'imprimerie de grandeur régu- lièrement croissante ou décroissante.

En supposant assez variée l'échelle de ces caractères, on peut ainsi juger des instruments examinés co7«/>r//-<i!/<Vrwe/?/, de manière à reconnaître quel est le meilleur, à tel ou tel point de vue. Mais lorsque les instruments se trouvent en des lieux éloignés cela n'est plus possible, parce qu'aucune de ces mires n'est universellement acceptée. Une telle mire serait d'ailleurs difficile à reproduire identique à elle-même, au moins dans des lieux éloi- gnés, en raison des différences que présentent dans les détails, d'un pays à l'autre, des caractères d'imprimerie de même hauteur. En outre, les résul- tats de l'examen, sur des mires de ce genre, sont vagues et en grande partie subjectffs.

Pour cette raison, je propose l'emploi de la mire qui est représentée dans la figure suivante : elle peut être reproduite partout identique à elle-même, et, par suite, peut devenir universelle. Elle se compose, comme on voit, d'un certain nomijre de groupes de raies noires sur fond blanc, couvraut des carrés sensiblement égaux, de io'""*de côté, et symétriquement distribués.

Dans chaque groupe, les traits noirs et les intervalles blancs ont tous

(') Séance du .^S décembre 191 4-

(■-) Voir, par exemple, G. Higourdan, Les méthodes d'examen des miroirs et des objectifs (Notice de V Annuaire du Bureau des Longitudes pour iQiS).

SÉANCE DU 4 JANVIER IQlS. IQ

même largeur ('), et cette largeur varie régulièrement d'un groupe au suivant.

Les numéros qui désignent chaque carré expriment, en secondes d'arc, l'angle sous-tendu par la somme des largeurs d'un blanc et d'un noir consé- cutifs (ou par la distance des milieux de deux blancs ou de deux noirs consécutifs) quand la mire est placée à lo'^jOo de dislance.

Mire Umvekski.lk pour Pessai rapide des lunettes.

10 20 50

-f

--\'

+

+

18

lllll 28

58

40 lllll mil lllll mil lllll 48

50 llll llll

III I llll 58

Voici comment on procédera avec cette mire pour déterminer les prin- cipales caractéristiques d'un objectif monté en lunette (^) et posée immo- bile sur un pied.

Pouvoir séparateur

Plaçons la mire sur un tableau situé à une

(') Déjà, il y a plus de i5o ans, T. Mayer employait, pour étudier l'acuité de la vision, deà lignes noires parallèles séparées par des lignes blanches de même largeur.

(-) Tout ce que nous disons ici s'applique identiquement à un miroir monté en télescope.

20 ACADEMIE DES SCIENCES.

distance d convenable ( ' ) et normalement au rayon visuel venant de l'objectif : en désignant par n le numéro d'un carré quelconque, l'angle sous-tendu à cette distance par la somme des largeurs d'un blanc et d'un noir consécutifs est égal à —7-' tétant exprimé en mètres.

Tout étant ainsi réglé, on examinera à la lunette divers carrés de la mire, amenés chacun au centre du champ : tandis que les traits les plus gros seront bien distincts, les carrés formés par les plus fins présenteront une teinte grise uniforme; il se trouvera un groupe intermédiaire dont les divisions seront à la limite de visibilité et qui ainsi fera la transition entre les carrés gris et ceux dont les traits sont distincts : c'est celui qui cor- respond diU pouvoir séparateur de la lunette (centre du champ).

Ce premier résultat donnera immédiatement une idée de la valeur de la lunette. Les expériences de Foucault, confirmées par celles de MM . C. Wolf et André, ont montré, en effet, sur des mires analogues, que le pouvoir séparateur d'un objectif de o"',i3 d'ouverture est i"; et, d'autre part, que le pouvoir séparateur est proportionnel à l'ouverture de l'objectif, de sorte que celui dont l'ouverture sera 2, 3, /|, ... fois plus petite que o*", 1 3 résoudra tout juste l'angle de 1" , 3", 4',

Supposons, par exemple, que l'objectif considéré ait 55""" d'ouverture et dédouble 3" : comme ce pouvoir séparateur de 3" répond à 44™"% ori ^n conclut que l'objectif est médiocre (-), puisqu'il ne montre pas de plus fins détails qu'un très bon objectif de 44™"' d'ouverture. On peut admettre que sa qualité est exprimée parle rapport de 44 à 55 ou par une de ses puis- sances, la seconde probablement.

On pourra répéter les mêmes épreuves après avoir diaphragmé plus ou moins l'objectif considéré : si le pouvoir optique re/a/i/" à la nouvelle ouver- ture se trouvait accru, on en conclurait que ce sont surtout les bords de l'objectif qui sont médiocres, ainsi qu'il arrive assez souvent.

(') Celle dislance d sera choisie aulanl que possible eu rapport avec celle pour laquelle la lunelte doit servir : s'il s'agil d'une jumelle de spectacle, une distance de lo™ à Cio"" sera très convenable. En général on choisira une distance de 200 à 3oo fois la lonj^ueur focale de la lunette, mais au besoin on peut descendre à 100 fois, sans firand inconvénient, parce qu'il ne s'ai^it que de petits Instrumetits. Avi contraire, il serait nuisible de prendre d très grand, si les ondulations de Pair devaient ainsi devenir sensibles dans la lunette.

(■-) Cela suppose que la constante de T'oucaull (i " pour o™, 1 3 d'ouverture) est appli- cable avec les faibles oculaires ([u'on adaple généralement aux jumelles et autres petites lunettes : cela sera vérifié par des observations directes que j'ai déjà com- mencées, et dans lesquelles je me propose d'examiner rinfluence de la longueur focale, de la force de l'oculaire et de l'éclairement plus ou moins intense de la mire.

SÉANCE DU 4 JANVIER lylS. 21

Astigmatisme. On pourra avoir séparément une idée de l'astigmatisme de l'instrument, et de celui de l'œil, en employant plusieurs de ces mires, dont on inclinera plus ou moins les traits sur l'horizontale. En général deux mires suffiront, l'une ayant ses traits verticaux et l'autre horizontaux.

Champ. Sur le même tableau et suivant deux droites rectangulaires, plaçons un certain nombre de ces mires, à des distances mutuelles corres- pondant à un demi-degré par exemple : on aura ainsi dans le champ un égal nombre de points régulièrement distribués, et pour chacun desquels on pourra évaluer le pouvoir séparateur, relatif à telle mise au point qu'on voudra. Il sera donc possible d'exprimer numériquement l'étendue du champ et les valeurs relatives de ses diverses parties.

Le plus souvent on pourra se borner à placer des mires sur une seule droite.

La disposition adoptée pour cette mire permet d'éviter toute préoccu- pation nuisible, comme celle qui naîtrait de la contiguïté de carrés la distance des traits est presque la même. Ln effet, la mire peut être découpée en bandes horizontales, ou verticales, ou même en carrés indivi- duels, tous susceptibles d'être disposés dans un ordre quelconque. Pour faire ces découpages il suffira de suivre les traits pointillés, qui déterminent des parties exactement juxtaposables et présentant la même symétrie.

Les nombres plus forts inscrits sur les côtés serviront à un observateur isolé qui voudra connaître le numéro répondant à tel carré donné. On les supprimera quand on craindra la préoccupation nuisible dont il vient d'être question.

RADIOGRAPHIE. Pellicule de gélatine, souple et ininjlammahle pour la Radiologie. Note de M. L. Landouzy.

J'apporte des radiographies faites au Laboratoire de Pvadiologie de l'hôpital Laénnec, par mon collègue le D'' Maingot.

Je les montre moins pour la netteté des images, moins pour l'appoint qu'elles prêtent f témoin la représentation d'une caverne dépistée chez un de mes malades par la percussion et par l'auscultation; témoin encore la représentation d'une main criblée de miettes, profondes et superficielles, d'éclats d'obus) au diagnostic de la nature, du siège et de l'étendue des

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lésions ou des blessures. L'intérêt desdites radiographies est tout entier dans la manière dont elles sont obtenues, dans la matière impressionnable qui a fourni ces images.

Il s'agit d'un substratum pour émulsion sensible présentant, au point de vue de la radiographie médicale, et particulièrement de la radiographie aux armées, des avantages très appréciables.

La plaque de verre est remplacée par une mince feuille de gélatine parfaitement homogène et transparente, suffisamment résistante pour les manipulations photographiques et les tirages en nombre indéfini. Ces pellicules se conservent aussi longtemps que les plaques ordinaires, elles ont toutes les commodités des pellicules en celluloïde sur lesquelles elles l'emportent, en bon marché et surtout en sécurité, puisque, contrairement aux pellicules en celluloïde, elles sont ininflammables.

Les applications faites depuis quelque temps déjà à la cinématographie montrent que la finesse des images ne laisse rien à désirer. Les contrôles du Laboratoire de Radiodiagnostic de l'hôpital Lacnnec confirment cette prévision, et montrent môme que l'émulsion est un peu plus sensible aux rayons X que celle des plaques photographiques couramment employées. Les écrans intensifîcateurs peuvent être mis à profit comme avec les plaques.

La pellicule « Securitas » se compose pratiquement de trois parties : l'émul- sion, le support en gélatine et une feuille de cartoline qui adhère à la géla- tine par les bords. La cartoline soutient la gélatine pendant les opérations photographiques. Sans elle, la pellicule ramollie par les bains se chiffon- nerait, se déformerait, se déchirerait. Après séchage, un coup de ciseau enlève les bords, la lame de cartoline tombe et la gélatine se présente abso- lument comme une pellicule de celluloïde.-

Les manipulations photographiques se font comme sur les papiers au bromure : on les surveille soit par transparence, soit par réflexion.

Il faut avoir soin de ne séparer le papier de la couche transparente qu'après décision bien arrêtée de ne plus mouiller l'émulsion. Ainsi les renforcements, affaiblissements, virages ont lieu avant cette séparation.

Les aides qui développent les grandes plaques radiographiques verront tout de suite combien plus faciles à manipuler sont les pellicules dont les bords ne coupent pas et qu'on ne risque pas de briser comme le verre.

Le grand intérêt au point de vue médical, c'est d'abord la facilité d'avoir sous un volume réduit, sous un faible poids et sans danger de détérioration, les matérierux d'un grand nombre de radiographies, c'est-à-dire d'un grand nombre de documents à joindre à l'observation du malade. La moins-value

SÉANCli: DU 4 JANVIER IpiS. 23

de ces pellicules, par rapport aux plaques de verre, invite à multiplier les poses successives dont chacune collabore à la précision du diagnostic.

Comme les papiers photographiques, les pellicules sont susceptibles d'être épinglées à la feuille d'observation, mais elles présentent sur les papiers l'inestimable avantage de se prêter à un nombre illimité de tirages et de conserver la précision des plus fins détails. Leur étude au négatoscope a toute la richesse documentaire de l'étude des plaques.

Dans certaines parties du corps, la plaque de verre trop rigide ne peut être introduite assez près des points à radiographier : si besoin est, la pellicule se moule sur les reliefs anatomiques et acquiert, d'un coup de ciseau, la configuration et les dimensions désirables; son introduction dans les cavités naturelles, en particulier dans la bouche pour obtenir l'image des dents, est possible à l'encontre de celle d'un morceau de verre indéfor- mable et de dimension difficile à changer.

La pellicule ne se brise jamais, comme il arrive avec les plaques quand elles sont un peu en porte à faux, ou quand la forte pression, soit d'une saillie osseuse, soit d'un appareil plâtré, se répartit sur une étroite surface.

Une plaque l\o x 5o pèse en moyenne 996^.

Une pellicule de mêmes dimensions pèse 80^ avant la séparation de la lame de cartoline. Celle-ci enlevée, le poids se réduit à 28s, poids d'nn tiers seulement plus élevé que celui d'une lettre à timbrer à 10 centimes; le poids du document à classer est diminué du poids du carton dont on n'a plus que faire toutes les manipulations terminées.

La boite dans laquelle sont emballées douze plaques photographiques de i2'*speut contenir 5o cartons pellicules, du poids de 4'^e. Pour la com- modité du transport, la pellicule se roule; d'un coup de ciseau, on peut enlever toute la surface inutile et ne conserver que la portion de pellicule portant l'image de la lésion intéressante. La facilité des recherches dans les archives d'un laboratoire est bien plus grande qu'avec les plaques de verre, et le volume plus restreint des documents apporte aux salles d'archives un désencombrement toujours désirable dans nos hôpitaux, où, sans trêve, malades de médecine et de chirurgie passent sous l'écran.

Ainsi la substitution au verre lourd, encombrant, fragile et cher, d'un produit léger, souple, bon marché, suffisamment résistant, transparent et homogène, ininflammable, constitue un sérieux perfectionnement de Tou- tillage de nos laboratoires de Radiologie.

Cette substitution de la plaque de gélatine à la plaque de verre con- stitue, surtout en chirurgie de guerre, d'inestimables avantages. Sans

2/4 ACADÉMIE DEb bClE^CEi:>.

parler de Téconomie de volume et d'argent (26 pour 100 au moins) repré- sentée parla plaque-gélatine sur la plaque de verre, la voilure de Radio- logie, destinée à opérer sur l'arrière, emporte à poids égal, sans risques de casse, trois fois plus de matériel à impressionner.

BOTANIQUE AGRICOLE. Sur le Solanum Caldasii Knnth(S. guaraniticum Hassler) et sur la mutation gemmaire culturale de ses parties souterraines. Note (') de M. Edouard Heckel.

Dans de précédentes Communications, j'ai fait connaître la mutation gemmaire culturale de S. immite Dunal provenant de la station classique de Chancay, au-dessus de Lima (Pérou), et j'ai étudier de près, à l'occasion des cultures longuement continuées sur cette espèce, sa situation systématique mal établie dans la série des Solanum tubérifères. Cette étude, avec sa répercussion sur les espèces rapprochées fautivement de ^. immite, fera l'objet d'un Mémoire spécial j'établirai que 5. immite n'a pas les liens de parenté morphologique avec S. etuberosum qu'on a invoqués quand on a voulu établir ses affinités (-).

Mais ayant, à propos de 5. immite Dunal, mis en cause 5. etuberosum Lindl., j'ai été naturellement conduit à examiner la condition du Sol. Caldasii ¥>.\inû\, que M. Berthault {Solanum tubérifères, 191 1, p. i54) con- sidère comme très affine de S. etuberosum Lindl. et comme ne devant pas être retenu parmi les types très voisins de S. tuberosum Lin. Je me suis occupé d'autant plus facilement de la systématique de cette espèce que je l'ai longuement cultivée, depuis 1908, pour en obtenir la mutation ; qu'elle est abondamment productive de tubercules, et que c'est seulement cette année (novembre 1914) qu'elle a donné des preuves de réalisation, dans

(') Séance du 28 décembre I9i4'

(*) L'erreur est attribuable à ce fait qu'aucun auteur (c'était cependant ol)ligatoire et élémentaire) n'est remonté aux types de Dunal qui, existent cependant dans i'her- bier Boissier Ghambésy, près Genève) et aussi dans l'herbier Réquieu (musée Calvet) à Avignon, il était facile de les consulter, comme j'ai le faire moi- même, la diagnose du Prodrome ne donnant pas certains caractères aujourd'liui con- sidérés comme importants. De découlent, par enchaînement, une série d'erreurs successives qui s'étendent à toutes les espèces pour lesquelles on a admis des liens d'affinité avec ce Solanum iinniif,e Dunal. D'où aussi toute une série de rectifica- tions à établir, l^a Noie que je publie aujourti'hui est un des termes de cette série.

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ses parties souterraines, de cette mutation. C'est une des espèces qui ont résisté le plus longtemps à cette forme de domestication.

On sait que 5. Caldasii, et je le rappelle, a une synonymie chargée. Il a reçu successivement les noms de 5. Hitleri Hassier; 5, guaraniùcum Hassler (non A. Saint-Hilaire) dans Fedde (^Rep. Bot., fasc. IX, 191 1, p. II 5), S. Chacoense Bitter et S. pseudomagUa Louis Planchon. Et cependant cette espèce se révèle comme un type bien spécial auquel M. Berthault a donné dans sa classification trop artificielle une place qui, certainement, ne lui appartient pas. Tout d'abord il la classe dans les Solanum tubérifères à corolle en roue et à sépales non mucronés. Les sépales n'y sont pas mucronés, c'est exact. Mais les pétales ne sont certai- nement pas en roue : tout au plus, comme le dit Dunal, dans sa diagnose du Prodrome relative à cette espèce, peut-on affirmer qu'elle est semiquin- quèfide et d^m blanc lavé de vert d'eau. Elle devrait donc prendre place entre les vrais types à corolle en étoile comme Sol. Commersonii ou 6'. polyadenium par exemple, et les types en roue comme S. luberosum L., S. Maglia.) etc., c'est-à-dire le plus grand nombre de Solanum tubérifères.

D'autre part, cette espèce (') s'est montrée à la culture comme capable de variations multiples et partielles, tout en ne mutant pas jusqu'à cette année.

C'est ainsi que les pédoncules lloraux indiqués comme « hasi articulati » par Dunal sont bien toujours articulés, mais tantôt à la base, au milieu et même au tiers supérieur. J'ai obtenu à Marseille, j'en ai eu à la fois plus de 5o pieds en culture (1914 ), des types à articulations pédonculaires placées au milieu ou au tiers supérieur de ce pédoncule très long, et du

(') En outre de quelques tubercules venus directement du Jardin botanique de Montevideo, en 1907, je tenais les tubercules qui m'ont permis de cultiver largement cette espèce et de la répandre en l^'iance, des récoltes de M. le professeur Verne (de l'Université de Grenoble) qui en avait cueilli de nombreux à Quillota, sur la rivé droite de la vallée de la Goncagua (Chili), le 13 juin 191 1, durant son voyage en Bolivie, au Chili et au Pérou, à la recherche de tubercules sauvages. Cette localité est citée par Dunal dans le Prodrome (t. XIII, i™ l^artie, p. 87) d'après Pœppig, comme l'unique station chilienne de cette espèce dans la Cordillère des Andes. M. le professeur Verne, n'ayant pas récolté la plante, mais seulement les tubercules, avait, sur l'apparence extérieure de ces tubercules, et même d'après mes appréciations, donné le nom de Mcii^lia à cette espèce {Comptes rendus^ 1 septembre 1912). Il y a, en effet, une ressemblance absolue entre les tubercules de ces deux espèces et comme forme et comme couleur (violette). C'est aussi sous le nom de 6'. MagUa que j'avais reçu les tubercules de Montevideo.

4

C. R., 1915, 1" Semestre. (T. IGO, 1.)

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20 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Berry (car je les ai mis en culture sur des points ditî'érents de la France), des spécimens à articulations toutes placées à la base même du pédoncule, comme le veut la diagnose de Dunal. Ces pédoncules sont alors plus courts de beaucoup.

La présence ou Fabsence de foliolules supplémentaires, « segmenta late- ralia majora cum, mullo minoribus intermixla )> d'après Dunal, ne peut servir de caractère par la raison qu'on en constate la présence ou l'absence sur des pieds différents ou môme sur des points divers d'une même plante.

L'état « globoso-ovidea » de la baie relevé par Dunal est exact, mais non constant. J'ai eu, sur les 5o pieds récoltés cette année, tantôt des fruits entièrement sphériques^ tantôt des baies ovoïdes, mais toujours glabres. Du reste, j'ai fait la même constatation sur d'autres espèces comme S. Com- mersoniiY)ux\Q\ dont les baies sont le plus souvent cordiformes sur les pieds sauvages. Mais on constate quelquefois, sur d'autres pieds sauvages, des fruits ovoïdes et même sphériques. E. Roze avait relevé cette variation bien avant moi dans S. Commersonii.

Enfin, il n'est pas jusqu'aux tubercules qui ne varient aussi de forme considérablement. D'une façon générale, sur l'espèce sauvage, ces tuber- cules sont petits, sphériques ou à peu près, et couverts de lenticelles sail- lantes, mais ils sont souvent aussi cylindriques allongés (forme saucisse des agriculteurs). D'abord entièrement blanc jaunâtre et portés à l'extrémité de longs stolons, ils deviennent, à l'arrachage, fortement violets après deux ou trois jours d'exposition à l'air.

Mais cette année, j'ai observé, chez moi, une première variation (indice d'une mutation à ses débuts) (') consistant, pour un pied cultivé en pots sur 20, la formation de sept tubercules tous sphériques et assez gros, du poids d'environ 35^' qui sont, six sur sept, de couleur jaune délinitive et dépourvus, par plages, de lenticelles saillantes; le septième plus petit est resté normal (violet après exposition à l'air, lenticellé en totalité et sphé- rique).

Le même fait, mais sur une plus large échelle, a été relevé cette année à Villeurbanne (Rhône), par M. Aumiol, directeur de l'Ecole communale.

(') C'est peul-être la reprise ou l'exlension de l'infestation par le Miicor Solani dont M. Magrou a établi la présence {in Utteris) dans le Solanuni Dulcamara «t qu'il a retrouvé dans les espèces sauvages de quelques Solanum tubérifères. Cette question, à l'étude à l'Institut l-*asteur de Paris, sera à reprendre dans des temps meilleurs.

SÉANCE DU 4 JANVIER IQlS- 27

qui, sur la totalité de ses cultures (29 pieds, soit issus de tubercules, soit issus de graines), n'a récolté en octobre 1914 « que des tubercules arrondis, un peu bosselés, à yeux bien marqués et à peau jaunâtre, ne bleuissant pas à Tair. Les lenticelles sont larges en forme de crevasses qui rendent les tubercules rugueux ». Je n'ai trouvé jusqu'ici cette particularité du chan- gement de couleur des tubercules, du blanc au violet par exposition à l'air, que dans deux espèces sauvages : S. polyadenium Green et S. Caldasiî

Kunth(').

.le dois ajouter encore, et c'est le fait important, que les essais de cultures de S. Caldasii faites sur mes tubercules sauvages à Gap, par les soins de la Société d'Agriculture des Hautes-Alpes, sous la présidence de M. le séna- teur Xavier Blanc, ont donné, dès la première année, à la fin de la récolte 19 14? des résultats bien plus probants encore dans le sens de la mutation des parties souterraines (-). Là, la soudaineté de la transfor- mation souterraine est manifeste. C'est bien une mutation.

En eiïel, un seul pied a produit huit tubercules dont cinq sauvages et violets, petits, sphériques ou ovales, mais portés par de longs stolons et couverts de lenticelles saillantes. Les trois autres (dont deux plus gros de Sa^ chaque) sont ovoïdes, jaunes avec taches violettes discrètes, yeux saillants, plus de stolons, plus de lenticelles saillantes, peau fine et lisse, tous les caractères, en un mot, des tubercules mutés et comestibles, avec traces encore du pigment violet qui se développe au contact de l'air. Le troisième tubercule est plus petit, 8«, sphérique, entièrement jaune et porte encore quelques lenticelles saillantes, mais plus de stolons et pas d'yeux saillants. On voit bien sur les trois tubercules mutés, venus côte à côte des sauvages et sur le

(') Le S. Coni/nersonii iprésenle, en dehors de toute culture, dans ses tubercules, une variation de couleur analogue, mais qui se produit sous terre. Les tubeicules (issus de graiaes ou de tubercules) donnent des tubercules le plus souvent jaunâtres, mais aussi des pieds ne portant que des tubercules violets. Ce fait a été constaté même dans la patrie de cette plante (côte atlantique de l'Amérique du Sud), l'on admet deux variétés, Tune à tubercules jaunes et l'autre à tubercules violets dans la plante sauvage, les violets étant plus comestibles que les jaunes.

(-) Je rappelle que les mutations obtenues par moi sur S. Commersonii, Maglia. tuberosuni, acaule et immite se sont réalisées en un ou deux temps. Dans le premier cas, la mutation porte sur la totalité de la plante (parties souterraines et aériennes); dans le second, c'est la partie souterraine qui débute. Dans tous les cas, mes muta- tions ont toujours été obtenues par la culture en pots et ont été caractérisées, comme ici, par leur soudaineté après un temps plus ou moins long de culture au fumier de poulailler.

28 ACADÉMIE DES SCIENCES.

même pied, les transitions des tubercules de l'état sauvage à l'état muté. De ces trois tubercules mutés souterrainement, sortiront certainement l'an prochain des plantes également mutées dans leurs parties aériennes. Ce sera intéressant à suivre de près.

CORRESPOND ANGE

M. le Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, Inscriptions ET Belles-Lettres de Toulouse fait savoir que cette Compagnie s'est associée, dans la séance du 17 décembre, au vo?u émis par l'Académie rela- tivement à la lutte contre l'alcoolisme.

MM. A. Derierne, Charles Nicolle adressent des remercîments pour les distinctions que l'Académie a accordées à leurs travaux.

]y[me yvf II i;ucK adresse également des remercîments à l'Académie.

M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance :

L'Association française^ de mars 191 3 à juillet I9i4i Rapport de M. Ernest Lebon.

HYDRAULIQUE. Sur T njutaij;e Venturi. Note de MM. Camichel, Eydoux et Liiériaud, transmise par M. Bazin.

On sait que l'une des plus grandes difficultés qui puisse se